Carnet de route

L’alpinisme se porte bien.

Le 13/07/2016 par william

Sous-entendu l’alpiniste se porte bien. Ce n’est pas qu’il a de l’embonpoint, c’est plutôt un bon point d’ailleurs, c’est plus qu’il n’est pas malade. Enfin ça reste à prouver.

L’alpiniste c’est vrai est hypocondriaque. Il s’écoute, avale une tonne de medocs : Doliprane, aspirine, du diamox. Faut le voir avec ses ptits pansements, ses compeeds et ses pommades, à savoir le matin comment il faut qu’il s’habille pour pas prendre chaud ou froid… il fait souvent une analyse d’urine, s’il pisse trop foncé il a pas assez bu alors il boit ( il boit de l’eau améliorée de patator isostarien. Le soir c’est une tartine de houblon bonne pour la santé…). Il s’écoute respirer, marcher, il écoute ses poumons, ses muscles, ses articulations, au moindre bobo il prend ses jambes à son coup et file en prenant l’hélicoptère du pghm. A voir sa tête c’est inquiétant, il prétend rentrer du paradis mais on dirait qu’il a vécu l’enfer. Mais Il ressent son corps et écoute surtout son cœur. Il a un corps qui vit

 

L’alpiniste serait maso, psychorigide. C’est vrai qu’il faut être fêlé de dormir les uns sur les autres dans des cabanes rudimentaires, payer pour dormir à peine et se lever à minuit, 4 heure du matin au mieux. A l’heure où ça caille et t’y vois rien. Malade de passer son temps dans le froid, les mains dans la neige, la glace toute la journée à se choper des onglets, ou en plein soleil sur les rochers. Malade de faire des journées de 18h à avoir mal aux jambes. Malade de risquer sa vie (Mauvaise météo, crevasses, rimaye, corniche, avalanches de neige ou rocher, conditions de neige glaces rocher instable et un mauvais pas, une mauvaise manip…). En plus il lui faut de la rigueur, respecter des règles d’encordement, de progression, respecter une discipline militaire dans ce milieu hostile pour revenir. Mais il prend le risque de se sentir vivre.

 

Alors on lui a fait passer des tests à l’alpiniste :

1. Il a une bonne vue : il faut y voir clair pour observer et comprendre ce milieu

2. Il entend bien : Il faut être à l’écoute de tous les signes de la montagne

3. Il a un bon odorat, il faut du nez du flaire pour sentir, comprendre et aimer cette vie de chien

4. Il a de bonnes papilles : il faut avoir bon gout pour apprécier

5. Il a de bonnes cellules sensorielles. Pourtant toucher au bonheur ça n’a rien a voir avec la biologie.

Alors oui il faut du bon sens.

 

Tous ses sens en éveil.

En rocher. Même si on suit un topo il faut observer la face durant l’approche. Repérer le départ, les passages clés. Avoir le sens de l’itinéraire. Savoir lire le rocher pour comprendre ou passer et quels mouvements réaliser.

En neige il faudra définir si les conditions sont bonnes tout au long de la course. Il faut analyser les indices, savoir si les conditions de neige avalanches correspondent bien à ce qu’on avait prévu. Pour cela il faut comprendre comment était la montagne avant, comment elle est aujourd’hui, il faut comprendre comment elle a vécu et comment elle va évoluer dans la journée. Comment dois-je dessiner mon itinéraire en fonction des conditions, des dangers et du terrain. C’est l’éveil des sens. Que ressent le corps ? le vent, la température. La neige craque-t-elle et comment? Suffisamment gelée ou non ? Peut-on en faire une boule sans qu’elle soit trop humide ? y a-t-il des corniches ? Le ciel est-il sans nuage avec une lune pour un bon regel. Il faut sentir vivre le glacier pour savoir où se cachent les crevasses… « De nos jours, peu de chose subsiste ; la nuit n’existe plus, ni le froid, ni le vent, ni les étoiles. Tout est neutralisé. Où est le rythme de la vie ? Tout va si vite et fait tellement de bruit. L'homme pressé ignore l'herbe des chemins, sa couleur, son odeur, ses reflets quand le vent la caresse. Gaston Rebuffat »

 

Il faut comprendre la rimaye béante comme une grosse bouche prête à te croquer. Tu dois savoir comment lui parler, savoir si elle veut bien te laisser passer. Tu te lances délicatement en la respectant parce que tu penses à ta vie, tu peux la perdre. C’est énorme de sensation. Le couloir est une succession de sensations fortes également, ta vie prend de l’importance avec le risque de tomber, tu te sens responsable. Si tu tombes c’est la chute et si tu chutes c’est la tombe. « La montagne n’est ni juste ni injuste. Elle est dangereuse. Reinhold Meissner ».

 

Tu n’as pas d’autre choix que de comprendre le milieu montagnard et de t’y adapter contrairement à notre vie d’en bas. L’homme est le seul être vivant à ne pas s’adapter à son milieu. La technique et l’adaptation dans ce milieu hostile prend toute sa dimension. C’est un plaisir immense de prise de conscience, de prise de confiance. Il faut analyser les conditions durant toute la progression sur neige molle, dur, glace, mixte, rocher, choisir la bonne technique, les bonnes manips et le meilleur itinéraire. Passer au sud le matin mais pas l’après-midi... Il faut se mettre à la place d’une pierre pour comprendre quand le soleil la réchauffe, quand elle va décider de quitter son manteau de glace pour courir dans la pente. Il faut imaginer quelle course elle décide de prendre. Il faut être la neige pour comprendre son état d’esprit suivant l’altitude, l’exposition, sa nature… « Mais qu'il est beau ce dialogue intime entre l'homme et les forces de la nature ! Gaston Rebuffat »

 

Mais pourquoi l’alpinisme ? Parce que c’est beau, pour le plaisir de grimper, parce que tu te sens conscient et vivant, tu prends confiance et parce que tu partages quelque chose de fort

 

Oui c’est beau, Gaston Rebuffat disait qu’un même paysage est plus beau si vous le regardez après l’avoir gagné. Ça pique le matin mais quand tu vois les étoiles dans le ciel si belles… c’est beau. Et puis la frontale fait scintiller la neige, des milliers d’étincelles…étincelant. Et puis le sommet, la lune, les nuages, la neige, le rocher, les glaciers, le lever de soleil, l’aurore, le coucher, la neige, le glacier, les corniches, les plantes, les animaux qui eux ont su s’adapter ( à voir sur notre site internet une page sur la survie des animaux de montagne en hiver : http://cafangouleme.ffcam.fr/survie-des-animaux-en-hiver.html) …C’EST MAGIQUE.

 

Prendre des risques permet des émotions et une prise de conscience décuplée mais l’objectif n’est pas d’aller aux limites et ce n’est pas le danger qui attire. C’est prendre conscience en s’adaptant à un milieu magique d’une beauté divine…Le mariage de la technique et de l’adaptation au milieu avec ce danger omniprésent te rappelle que tu n’es pas grand-chose. C’est se sentir vivre, c’est aussi évoluer et prendre confiance en soi.

Le plus beau c’est la cordée, le partage, l’amitié. Rebuffat encore lui disait que la montagne est plus belle quand on la regarde dans les yeux de son compagnon de cordée et qu’une corde réunie deux être qui n’ont plus qu’une vie. Le plaisir d’être ensemble sans score, sans podium, sans victoire, sinon celle de deux compagnons ensemble sur eux même. D’ailleurs ils ont de bonnes têtes de vainqueur sur les photos. En alpinisme on voit les gens dans des conditions difficiles, on voit les gens vrais. Ce retour à l’essentiel face à soi-même met à nu des personnes solidaires, généreuses, enthousiastes de 14 à 77 ans. En plus au caf angoumois au sommet c’est câlins et des bisous obligatoires… et poilade, rigolade

 

« Tous les enfants grimpent pour le plaisir de grimper. Pour le plaisir de découvrir, de voir plus loin et de plus haut. Si à ces deux plaisirs vient s'ajouter celui de l'amitié de la cordée, voilà l'alpinisme ! Gaston Rebuffat »

 

Pour conclure : Vous jugerez par vous-même si l’alpinisme est un sport de malade. En tout cas l’alpinisme au caf angoumois se porte bien et ça me fait plaisir.

Je sais que cet été il va y a de belles courses envisagées, je sais pas pérou exactement. Ont été gravit dernièrement par nos angoumoisins quelques sommets.

1. Le Mont Blanc (Matthieu et Manon)

2. L’aneto (Nico, Domi et son fils)

3. L’Aiguille verte ( Jeremy et Wiwi) la belle verte permet de se ressourcer et de se recharger en énergie

4. Le Palas (Seb et Reynald)

 

Alors venez prendre du plaisir avec nous, venez vivre une belle aventure humaine, essayer l’alpinisme.

Vous l’aurez compris je vous invite fortement à lire Gaston Rebuffat.

Ce texte ne met pas en avant l’alpinisme plus qu’une autre pratique mais parle uniquement de l’alpinisme au caf angoumois. (L’alpinisme est un sport qui a aussi ses inconvénients).

Mais surtout l’alpinisme m’a permis de grandir, de vivre des choses magiques auprès de Marco ou plutôt c’est Marco qui m’a permis de vivre des choses magiques… alors il me manque.

 

Cafistement

William

CLUB ALPIN FRANCAIS ANGOUMOIS
SIÈGE SOCIAL: HALLE DES SPORTS
DE MA CAMPAGNE
41 RUE DE LA CROIX LANAUVE
16000  ANGOULEME
Contactez-nous
Tél. CAF ANGOUMOIS - Halle des Sports de Ma Campagne - 41, rue de la Croix Lanauve - 16000 ANGOULEME
Permanences :
06 72 51 41 34
Activités du club

Risques, techniques, préparation

image

                RISQUES

Plus d'infos

Webcams

WEBCAMS

          WEBCAMS

Plus d'infos

meteo

image

          METEO - AVALANCHES

Plus d'infos

TOPOS

image

               TOPOS

Plus d'infos

CONDITIONS

image

            CONDITIONS

Plus d'infos
Agenda