Evolution des pratiques et du matériel

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Innovations scientifiques et évolution des pratiques de montagne

Innovations scientifiques et évolution des pratiques de montagne

Découvrez l'impact des innovations scientifiques sur les pratiques de la montagne ! 

Supervisé et coordonné par Yves Peysson, cet ouvrage est issu d'un colloque sur l'évolution des pratiques de montagne résultat des innovations scientifiques.

Au cours des dernières décennies, ce processus a été marqué par une formidable accélération résultant non seulement des progrès spectaculaires de la connaissance, mais aussi de la rapidité avec laquelle s'est effectuée leur assimilation au sein de la société.

 

Le livre, richement illustré, rassemble les contributions de scientifiques, sociologues et pratiquants au sein de cinq grandes parties : 

  • Les matériels de progression en sécurité
  • La révolution des fibres synthétiques
  • La physiologie et les performances
  • Les technologies de l'information et de la localisation
  • L'évolution des matériels et les conditions d'appropriation par les pratiquants : un éclairage sociologique

Prix unitaire : 10 € TTC (frais de port inclus)

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Petite histoire du cramponnage à la française

Dans la revue La Montagne et Alpinisme de décembre 2008


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Evolution des pratiques et du matériel d'alpinisme et d'escalade

 
Attention les dates marquent la naissance des évolutions techniques. Cependant, l’appropriation de ces techniques met parfois du temps. Par exemple, l’adoption des crampons à 12 pointes en France.

 

 

La raquette à neige est utilisée dès le néolithique. Elle était alors en bois tourné, peaux et boyaux. Les chasseurs préhistoriques utilisaient également des patins de bois pour se déplacer dans la neige. Des gravures rupestres et des skis fossilisés ont été retrouvés.

 
Avant le 17 ème siècle la haute montagne est considérée comme maudite, c'était un sacrilège d'y accéder. Pourtant l'ascension des montagnes a été depuis longtemps pratiquée par les habitants et en particulier par les chasseurs de chamois, les cristalliers et les bergers.
Habits saussure

Au XVII ème siècle, découverte des montagnes par les topographes militaires et scientifiques

 

Ils étaient équipés de souliers à clous (inventés par les romains) pour marcher en sécurité sur des sols verglacés et glissants, ils utilisaient des semelles en fer munies de trois pointes aiguisées comparables aux fers à cheval.
 Les bâtons ferrés (Apenstock) servaient d’appui supplémentaire pour monter ou descendre les pentes raides, à se prémunir des crevasses en sondant la neige ou en entravant une chute. Les echelles permettaient de franchir les crevasses.

Au XVIII ème siècle, la montagne comme déstination touristique

La fréquentation des sources thermales prend un nouvel essor au XVIIIe siècle, le chemin de fer rend l’accès aux montagnes plus facile.

 

Dès le XIX ème siècle se développe une conception sportive de l'alpinisme

Les montagnards complètent leur équipement en portant à la ceinture, une courte hachette pour tailler des marches dans la glace où poser les pieds.
 
Dès le XIXe siècle, des bourgeois et aristocrates s'élancent vers les sommets. Ils prennent l'assaut des cimes alpines dans un esprit de compétition internationale, souvent mortel. Edward Whymper ; Albert F. Mummery; William Auguste Coolidge (américain) , Frederick Gardiner. Ces riches anglais étaient accompagnés de guides.
 
Vers 1850 les piolets longs sont apparus, nés de la réunion entre la hachette et du long bâton ferré. Les alpinistes s’aventurent sur des terrains glacés plus raides. La plupart des 4000 des Alpes sont gravis.
 

 

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Fin XIX ème siècle, naissance des premiers clubs
 
Des  bourgeois et aristocrates créent les premiers clubs alpins entre 1857 et 1874, d’abord en Angleterre, puis en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Pologne et enfin en France en 1874 (club alpin français). Ces clubs définissent des usages en matière d’excursion, organisent les compagnies de guides, construisent des refuges, améliorent la qualité des hébergements, rédigent des notices scientifiques, inventent une littérature de voyage et réussissent ainsi à promouvoir, auprès de leurs contemporains, une forme de tourisme alpin à la fois cultivé et mondain.
 
Evolution des techniques et du matériel, apparition d'un vocabulaire technique et des topos guides
 
En 1878, les raquettes sont utilisées pour la première fois à des fins de loisir.
Apparition de la corde. Pendant de longues années sont usage fut discuté. La corde était perçue initialement comme un artifice qui dévaluait le mérite d’une ascension. S’encorder le moins possible passait pour un signe de maitrise. A l’epoque la technique est encore rudimentaire et en de nombreuses occasions, la corde avait amplifié de façon tragique les conséquences de la chute d’un des membres de la caravane.  Au début de l'alpinisme, les grimpeurs qui s'encordaient le faisaient sans baudrier, directement sur la corde. Les cordes étaient faites de chanvre, un matériau qui n'était pas dynamique et donc qui n'absorbait pas l'énergie lors d'une chute. En cas de chute celles-ci cassaient. C'était plutôt une aide du guide pour son client.
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1879 : Charlet Straton invente la technique du rappel de corde pour descendre de l’aiguille du petit Dru.
1880 : Utilisation des crampons. Avec l’avènement de l’alpinisme sans guide les crampons connaissent un grand  succès.
1897 : Naissance du bloc à Fontainebleau et de l'escalade sportive en Allemagne de l'est et en Angleterre.
1906 : Apparition du niveau Très Difficile (5ème degré)
1908 : Invention des crampons “modernes" à 10 pointes par Eckeinstein- apparition du premier guide d’escalade.
1910 : Invention de l'espadrille à semelle de feutre qui va remplacer les chaussures à clous
1910 : Utilisation du piton : Au début exclusivement destiné à l’équipement des rappels puis plus tard à assurer la progression. Le premier de cordée après avoir planté un piton doit se désencorder pour passer la corde directement dans celui-ci. Les grimpeurs se trouvent ainsi constamment reliés au rocher.
1911 : Apparition du premier mousqueton emprunté aux sapeurs pompiers allemands par Otto Herzog. Ce mécanisme permet d’y faire pénétrer la corde sans se désencorder.
 
Polémique sur l'éthique de l'escalade autour de deux alpinistes
 
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• Paul Preuss (1886-1913/autrichien) s’illustre principalement pour ses ouvertures (1.200 voies dont 300 en solo intégral !) et sa philosophie ultramoderne de l’activité. Il prône l’escalade libre en ne s’aidant que des prises du rocher et non en utilisant le matériel mis en place, la corde ne devant servir qu’à assurer le second de cordée. Selon lui : «Un grimpeur ne devrait entreprendre que des projets qui sont en deçà de son plus haut niveau de compétence» et «doit toujours être capable de redescendre en désescalade par la voie d’ascension».

 

En 1911, Paul Preuss, à la recherche de la perfection, réussit l'ascension de la face est du Campanile Basso, dans les Dolomites occidentales, seul, sans piton, sans corde et redescend par le même itinéraire sans l'aide de la corde. Cette paroi est équipée aujourd'hui de plusieurs pitons et réclame beaucoup d’attention aux grimpeurs d’aujourd’hui... L'escalade courte et exposée, haute de 120 m, présente des passages du cinquième degré de difficulté. Contrairement à l'exploit contraint de Lochmatter, ici c'est en toute liberté d'action et de décision que l'on escalade et désescalade une paroi du cinquième degré de difficulté…

  • En cette année 1911, paraît dans la revue Deutscher Alpenzeitung, sous la plume de Paul Preuss, l'article clef concernant les moyens de l'escalade. C'est le début de l'immense polémique sur l'utilisation de moyens artificiels en escalade « de même que l'alpinisme diffère de l'art de grimper ... la solution d'un problème d'escalade peut être du point de vue de l'alpinisme dépourvue d'intérêt... le respect du style, qu'il s'agisse d'alpinisme ou d'escalade pure, devrait être la règle formelle pour chaque grimpeur ».
  • Le piton, la corde, la descente à la corde, rien ne résiste pas à la critique de Preuss, c'est le rejet de tout moyen artificiel. Mais le prophète ne pourra être suivi car l'exigence était trop élevée ...

 

 

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Hans Dülfer (1892-1915/allemand) est un grimpeur célèbre qui laissa son nom au mouvement d’opposition dans le passage de fissure. Il mit également au point le système de descente en rappel cuisse-épaule (qui sera d’ailleurs utilisé jusqu’à l’arrivée du descendeur en huit dans les années 70) ainsi que diverses techniques de traversées sur corde. Pour lui, l’utilisation de pitons pour s’assurer permet d’atteindre des difficultés supérieures. Il atteint d’ailleurs le 6ème degré.
 
L’école de Hans Dülfer aura le dessus dans ce débat et c’est l’amélioration progressive de la sécurité qui permettra à l’escalade sportive de voir le jour.
Cependant, l’arrivée sur le marché des chaussures d’alpinisme à semelle Vibram freine pour un temps la performance. Prévues pour les courses mixtes (neige et rocher), elles sont lourdes, rigides et peu compatibles avec une finesse de placement des pieds.
Pendant cette période, « l’artif » prend donc le pas sur l’escalade sportive. Utilisation des coins de bois, étriers, pitons…

 

L'escalade artificielle

 

En 1911, Hans Fiechtl, l'inventeur du piton moderne, est le premier à les utiliser comme moyen de progression. Avec H. Hotter, il gravit l'arête est-nord-est du Feldkopf sur la Zigmondyspitze, dans les Alpes orientales, des passages présentent des difficultés importantes d'escalade artificielle (A2). Particulièrement critiqué pour son emploi systématique des pitons de progression - la crucifixion des parois - il est traité par le Trentin Tita Piaz, l'un des artisans de la polémique sur les moyens de l'escalade, de « gangster du rocher, de jongleur des passages défendus».

  • En 1911 avec l’emploi des pitons, Angelo Dibona le guide de Cortina réussi l’ascension de la paroi nord de la Laliderwand dans le Karwendelgebirge.
  • En 1912, en appliquant les nouvelles techniques de traversées à la corde, d'assurage et de progression avec l'aide des pitons, dans une grande paroi, Hans Dulfer réussit avec un compagnon l'ascension du versant est de la Fleichbank et la face ouest du Totenkirchl dans le Kaisergebirge. Plus rien n’arrêtera les grimpeurs…
  • Cette même année Angelo Dibona et ses compagnons réussissent l'ascension de la face sud de la Meije, dans le massif des Écrins. Dibona apporte dans les Alpes occidentales le savoir-faire des Alpes orientales.

 

Le refus des Britanniques

 

Les Britanniques, au sein de l'Alpine Club, prennent position contre l'utilisation des moyens artificiels et des pitons. Ils vont rester longtemps à l'écart de la « conquête » des grandes parois rocheuses des Alpes avec pitons, et ne réapparaîtront dans les Alpes que cinquante années plus tard en ayant beaucoup évolués concernant l’emploi des pitons, jusqu'à trouver une solution plus satisfaisante avec les coinceurs, d’abord des boulons dès 1960, puis des outils plus élaborés dès 1970…

 

Les deux façons de faire

 

C'est en 1914 qu'il faut situer l'origine de deux pratiques antagonistes de l’escalade : les adeptes de l'escalade sportive et ceux pour qui l'escalade est une simple moyen de l’alpinisme.

  • L'escalade sportive est surtout pratiquée sur les falaises des Iles Britanniques et en Allemagne de l'Est avec des règles précises, on doit grimper sans aucune aide extérieure et réaliser l'assurage par des moyens naturels, refus de l'utilisation des pitons comme moyen de progression, d'aide ou de repos bien sûr, mais également comme moyen d'assurage. L'assurage naturel qui utilise les reliefs de la roche - béquet, prise ou anneau naturel de la roche, etc.- sera uniquement réalisé à l'aide d'anneaux de cordes, de nœuds et pierres coincés dans les fissures de la roche et beaucoup plus tard par l'utilisation des coinceurs métalliques. Les pratiquants de cette discipline sportive ne chercheront curieusement pas à exporter cette façon de faire en haute montagne et on laissera bien seul Paul Preuss prêcher la bonne parole.
  • Chez les grimpeurs des pays alpins, l’escalade est un simple moyen de l’alpinisme, cette pratique va rester longtemps influencée par l'école germanique née dans les Alpes Orientales. La rigueur du geste sportif pèse faiblement devant l'engagement moral et le dépassement physique. En une phrase : la fin justifie les moyens. La fin étant le sommet, le mythe de la paroi impossible ou encore l'affrontement des incertitudes de la montagne…

 

Homogénéisation des techniques d'assurage
 
Les grimpeurs ne progressent pas ensemble mais un par un. Deux méthodes pour l’assurage du second : faire passer la corde derrière une saillie ou remplacer le support rocheux par le corps de l’alpiniste. L’assureur doit s’amarrer au rocher. (Recommandations CAF).
1918 : Apparition du niveau Extrêmement Difficile (6ème degré) en Allemagne – LEPINAY se passe de guide et ouvre le mythe des faces nord avec la face nord du Plan.

 

Le Groupe de Haute Montagne

 

  • En l’année 1919, naissance d’un alpinisme français organisé…
    Au lendemain de la guerre, "issus d’un petit groupe de grimpeurs formé à la veille de la guerre qui en a retardé l’essor" Jacques de Lépiney et Paul Chevalier fondent le Groupe de Haute Montagne, pour un temps section de Club Alpin Français…
    Leurs entreprises alpines, un peu plus tard renforcées par celles des Jacques Lagarde, Henry de Ségogne et autres, vont les conduire en peu de temps au même niveau de performance que nos voisins austro-allemands, suisses et italiens…

 

 
1925 Emil Solleder et Gustl Lettenbauer gravissent dans la journée les 1.200 mètres de la face nord-ouest de la Civetta (Dolomites) en n’utilisant que 15 pitons !
1926 : Utilisation de skis courts munis de carres métalliques par Rudolf LETTNER
1928 : Apparition du 1er auto bloquant – ascension du Pic Lénine.
 

 

Un manuel du Club Alpin Français

  • 1934, le Club Alpin Français fait paraître avec la collaboration du Groupe de Haute Montagne un Manuel d’alpinisme. Sont décrits les pitons, les mousquetons et la technique du rappel en S qui apporte une bonne sécurité dans son utilisation… La technique du rappel en S venait remplacer la kletterschluss et autre méthode genevoise très dangereuses dans leurs utilisations…

 

 

 

Les années 30: Innovations techniques, Pierre Alain
 

 

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1932 : Apparition des pointes frontales de Laurent GRIVEL : La plupart des nations ont adopté dès les années 30 la technique des pointes avant. Il faut attendre le départ à la retraite d’Armant Charlet en 1962 pour que l’école nationale de ski et d’alpinisme française enseigne cette technique.
Notons que les ascensionnistes de l’Eigerwand utilisaient en 1938 les crampons douze pointes…
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1933 : Pierre Allain invente le mousqueton en alliage léger (65g au lieu de 140g) avec l’amélioration du ressort.

1935 : Pierre Allain invente les espadrilles à semelle de caoutchouc : les « gouick », il atteint le niveau 5+.
Il invente Le sac de couchage en duvet (mais le principe du sac de couchage existait déjà), la cagoule de bivouac, le pied d’éléphant, la veste en duvet. Ces équipements constituent une révolution pour les alpinistes car ils autorisent désormais de véritables bivouacs en haute montagne.
1938 : Libération de la face nord de l’Eiger par HECKMAIR, VORG, HARRER et KASPAREK, et de la Walker par CASSIN, ESPOSITO et TIZZONI
1939 : Aux Etats unis, naissance des «bolts». Ce sont les pitons à expansion qui nécessitent un forage pour se planter dans des zones compactes où il est impossible de poser un piton. La tige est insérée dans un trou foré dans le rocher à l'aide d'un tamponnoir.
1943 : Pierre Allain invente Le descendeur (évite les brûlures sur le corps).

1947: la corde nylon est mise au point, sur les conseils de Pierre Chevalier, membre du G.H.M., par les établissements Joanny. C’est une corde à fils parallèles de nylon avec gaine tressée. Jusque-là, on grimpait avec comme seule protection la corde en chanvre. Celle-ci cassait pour une chute libre d'un mètre sous une charge de 80 kg, la sécurité pour le premier de cordée était inexistante, avec le nylon, le progrès va être décisif…

 
1948 : Pierre Allain invente le chausson d'escalade à semelle lisse ; les PA. Il met au point le décrocheur qui permet de faire des rappels de 60 mètres sur une corde de 60 mètres en économisant la corde double en rappel.

mousqueton léger mousqueton léger
bolts bolts
descendeur descendeur
Chaussons PA Chaussons PA
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Les années 50/60: l'ère de l'escalade artificielle et des expéditions
 
En Europe deux terrains de jeux vont être parcourus : les dolomites et les calanques. Les «Marseillais» sont dans une démarche accès sur une préparation technique à la haute montagne. Tous les moyens sont bons pour sortir au sommet.
Les Calanques deviennent le site incontournable pour tous les grands alpinistes de l’époque : Georges Livanos (1923-2004) et Gaston Rebuffat, Lionel Terray, Jean Couzy, Jean Franco, Maurice Herzog, Edouard Frendo
 
1952 : Au début des années 50, on a commencé à s'encorder sur une ceinture. Celle-ci était constitué d'un cordasson (petite corde, elle aussi synthétique) au départ noué de différentes façons autour du corps puis de plus en plus souvent cousu "côte à côte" de façon à constituer une bande.
1956 : Naissance de la corde à double pour éviter le tirage.

1958: le mousqueton léger en alliage d’aluminium (zicral) pour l'escalade libre est mis au point... Il résiste convenablement aux chutes éventuelles des grimpeurs…
 

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1960 : Utilisation de vis dans la glace par les suisses Mr GORE invente une membrane. John Gill s'illustre en bloc; il utilise la magnésie de la gymnastique pour l'escalade.
  • Les broches à glace
    Les pitons à glace inventés par Welzenbach dans les années 1930, de simples lames métalliques, se perfectionnent et dans les années soixante sont proposées des broches tubulaires à glace, des tiges coniques à épines, toutes pénètrent la glace en étant frappées à l’aide du marteau-piolet.
    Apparaissent également les modèles autrichiens en tire-bouchons… Cette broche en forme de tire-bouchon que l’on vise directement dans la glace est une tige d’acier de 5 mm avec sa spirale matricée, sa première utilisation est une épreuve pour les nerfs, pourtant sa tenue à l’arrachage en glace dure est surprenante… La broche vissée va avoir un bel avenir…

 

1961 : Invention du jumar par les suisses
1963 : La face sud du fou est libérée – DESMAISON utilise un baudrier complet.
 
1966: le mousqueton en alliage léger, avec doigt de verrouillage, est présenté par Pierre Allain. C'est un véritable élément de sécurité.

 

Les américains s'attaquent aux grandes faces du Yosémite, aux fissures. Développement du libre en escalade
 
Les américains  viennent résoudre les derniers problèmes rocheux des Alpes qui nécessitent du matériel et des techniques que eux seuls maîtrisent jusqu’à la fin des années 70. En Europe les alpinistes se tournent vers les ascensions en montagne, hivernales, solitaires et vers le nouveau défi des enchaînements de plusieurs faces (René Desmaison, Walter Bonatti, Yannick Seigneur, Ivano Ghirardini).
 
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Claude Barbier (1938-1977)   s’impose comme l’un des meilleurs du moment en réussissant l’incroyable enchaînement en solo et dans la journée des cinq faces nord des Cime di Lavaredo. Reprenant les idées de Paul Preuss, il insiste sur une éthique d’escalade libre très épurée, légèrement oubliée en ces temps où l’atteinte du sommet était privilégiée sur les moyens pour y parvenir… La grande mode du moment était en effet de passer «coûte que coûte», en escalade artificielle, à grand renfort de pitons, coins de bois et étriers. Claudio Barbier propose ainsi de ne plus du tout utiliser les pitons pour progresser mais juste pour s’assurer. Pour confirmer cette «libération» il va même jusqu’à les peindre en jaune !
 
 
 
 
  • Les pitons américains
    _ En1962, les pitons américains en acier spécial raide et très élastique traversent l’Atlantique, ils sont très bien adaptés au granite, sont facilement utilisables, réutilisables et récupérables. Ils ont été inventés et utilisés par John Salathé pour l’ouverture de Lost Arrow dans le Yosemite en 1946. C’est l’apparition des Bong, des Leeper, des Angle et autres Rurps… Les pitons classiques en acier malléable conservent cependant leurs avantages dans les parois calcaires…
     
  • Les coinceurs
    _ En 1960, première utilisation des coinceurs - les nuts - par les grimpeurs britanniques sur les falaises du Snowdon, dans le Pays de Galles. Les Britanniques qui s'interdisent le plus possible l'utilisation de pitons vont trouver une solution élégante pour l'assurage, en coinçant dans les fissures naturelles de la roche des pierres puis des petites pièces de métal - d'abord des boulons - reliées à des anneaux de corde. L'emploi de ce moyen d'assurage va se répandre... d'abord dans les Iles Britanniques puis aux Etats Unis.
    _ En plus de son élégance, ce moyen de protection permet souvent de réduire beaucoup l’exposition de l’escalade, mais en transformant certains grimpeurs en panoplie complète…
    _ Utilisés dans les Alpes dès 1969, les coinceurs verront leurs formes s’améliorer avec les fameux hexentrics, stopper, bicoin, titons et autres copperhead…
    _ Dès 1972, un constat inquiétant est fait concernant l’usage les pitons américains en acier spécial. Ils détériorent le rocher, certaines fissures du Yosemite sont irrémédiablement abimées… Nos collègues américains viendront chercher une issue dans les Iles Britanniques avec l’emploi des coinceurs…
    _ En 1978, un progrès énorme est proposé par le Nord-américain Ray Jardine, un coinceur automatique et réglable de type Friend, reposant sur l’opposition de deux cames et plusieurs fois améliorés depuis pour arriver aux merveilles de technologie que nous utilisons aujourd’hui…
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1966 : Les Arva naissent aux Etats Unis.

1967 : Naissance du piolet traction-Début du ski extrême dans les Alpes en 1967 (pentes à 40 degrés).
1968 : Le Verdon devient la mecque de l'escalade.
1968 : Construction des premières structures artificielles d’escalade en Grande Bretagne – naissance du descendeur type 8.

1970 : Apparition du niveau Abominablement Difficile (7ème degré), développement de l’utilisation de la magnésie – Tous les 8000m ont été gravis.

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1972 : Apparition des professionnels de l’escalade ainsi que les chaussons actuels – Ray JARDINE invente le « friend » pour Wild Country.
 
  • Les chaussons
    _ En 1974, les chaussons d'escalade du type Pierre Alain deviennent l'outil indispensable pour toutes escalades rocheuses difficiles, en tous lieux…
    _ En 1981, apparition sur le marché de chaussons d'escalade de fabrication espagnole avec un caoutchouc très tendre et comportant en additif de la résine. Ce matériel va permettre de nouveaux progrès.
 
  • Le baudrier
    _ En 1975, généralisation de l'utilisation du baudrier comme moyen de sécurité en escalade. Jusque là, les grimpeurs s’encordaient à la taille directement avec la corde, sauf pour les escalades artificielles en fabriquant eux-mêmes un baudrier rudimentaire…
1977 : Naissance du huitième degré aux états unis par Pete Cleveland.
 
Une prise de conscience freine le pitonnage à outrance qui fleurit en montagne et en falaise. L’apparition des coinceurs et « friends » y aidera.
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la généralisation de l’usage de nouveaux pitons à expansion, les «spits», va permettre de faire très rapidement évoluer le niveau.

C’est au cours de cette période que sont posées les règles de base qui fonderont l’éthique de l’escalade. Proscrivant l’artif., il convient de progresser avec ses propres moyens, sans s’accrocher aux protections.
 

 

Les années 80: médiatisation de l'escalade
 
1982 : C'est l'émancipation de l'escalade grâce à la médiatisation d'Edlinger.
1983 : Les premiers 8a sont réalisés en France.
1985 : Les murs d'escalade fleurissent un peu partout en France -  Naissance des spits scellés qui permettent de voler en minimisant le risque.
 
Une nouvelle polémique voit le jour : Faut-il organiser des compétitions en escalade ?
 
1986 : Naissance de l'escalade de compétition et du crampon monopointe.
1987 : Gullich invente le 8c toujours en Allemagne au Franken Jura.
1991 : Le premier 9a est encore l'oeuvre de Gullich « Action Directe », l’escalade est enseigné à l’école.
1994 : Les pans d'escalade se généralisent chez les grimpeurs.
1995 : Lynn Hill libère le Nose au Yosémite, Fred Roulhing découvre le 9b «Akira». Ouverture de salles privées en France.
1998 : Emancipation du bloc qui connaît une croissance exponentielle. Fred Nicole en Suisse collectionne les 8b et avance de nombreux 8b+. Son collègue l'Autrichien Klem Loskot suit le même chemin….
 
  
 
 
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