Carnet de route

Tranversée transfrontalière de l'Ariège

Le 30/08/2021 par Christian Andrieux

A l’automne 2019 Jean Michel, Jean Claude et moi avions réalisé la traversée des PO en randonnant prés de la frontière Franco Andorrane puis Franco Espagnole. Départ du Pas de la Case vers la Méditerranée. Au total 9 jours de marche en passant par les pics des Pessons et du Campcardos puis en suivant la belle ligne de crête (2800m) qui s’étale du pic des Sept croix au pic de la Dona, la longue descente de Roc Colomb vers le col des Ares pour finir par les Albères avec le golfe de Rosas et la côte Vermeille comme horizon.

En ce mois de juin germe l’idée de renouveler l’opération avec une traversée transfrontalière des montagnes ariégeoises. L'édition 1983 de la HRP de Georges Véron ainsi que les itinéraires catalans de la Porta del Cel et de Passaran nous servirons de référence.

Nous étions encore 3 au départ de l’Hospitalet le jeudi 19 août : Béatrice, Jean Claude et moi. D’entrée, 5 étangs sont au programme. Dés 2200m l’environnement granitique avec ses zones de blocs et d’éboulis ne laisse pas beaucoup de place à un sentier confortable mais la découverte des 3 lacs de la montée au col de l’Albe nous récompense de l’effort. Versant sud ce sont les 2 étangs de Juclar avant le refuge du même nom. Pas de baignade aujourd’hui, le vent est trop froid.

Seconde étape, 100 % andorrane. Elle coupe les larges vallées glacières d’Inclès et de la Coma et culmine à la collada de Meners à 2700m. Descente par la réserve de biosphère de la longue vallée de Sorteny, paradis botanique et tapis de fleurs de début juin à mi-juillet. Nuit à El-Serrat.

Ça cause, ça cause des Catalans! C’est le rendez-vous du week-end pour les randonneurs venus découvrir les étangs de Tristagne ce matin.  De l’étang supérieur nous prenons plein Est pour franchir le port de l’Albeille (2600m). Quel contraste ! Pas âme qui vive dans les immensités sauvages que nous découvrons versant français. Un dernier talweg rocheux à remonter et nous voilà au refuge Fourcat. Quelques brasses dans l’étang pour se rafraîchir avant de savourer la goûteuse bière artisanale du refuge.

Ambiance haute montagne pour l’étape d’aujourd’hui. Elle passe par un petit cirque granitique austère avant d’atteindre le col 2574 qui domine le grand étang Picot. Passages de blocs jusqu’au lac puis descente en écharpe au dessus de la mer de nuages avant d’arriver aux orrhys de Tignalbu d’où part un sentier confortable. Les sympathiques propriétaires du café gîte de Mounicou nous ont fait les courses du soir et du lendemain... 500g de spaghettis ne seront pas de trop !

1800m de dénivelée positive au programme ce cinquième jour avec en prime un long passage dans les blocs au port de l’Artigue. Mais quel plaisir de longer de nouveau les lacs de Romédo! L'environnement est toujours aussi sauvage et peu fréquenté même si l’itinéraire catalan de la Porta del Cel y conduit de rares randonneurs. Dernier effort pour remonter sous la cascade du lac de Certascans avec le petit refuge en ligne de mire. Au refuge, rencontre avec 2 Français qui font la promotion pour l’un de sandales à semelle Vibram : « Les grosses c’est fini… la sandale c’est l’avenir, ça pèse pas lourd et t’économises le poids et le lavage des chaussettes ! Même que j’ai fait le GR20 sous la neige avec les miennes ! » et pour l’autre de la tente ultra légère 650g « Ce soir, on échange... tu dors sous ma tente et moi je prends ta place au chaud dans le refuge ».

Encore des lacs au programme en aval du col des Certescans (2600m) en ce début de sixième jour. Le pin domine sur ce versant sud. Vers 2100m nous quittons le sentier qui descend à Noarre pour une sente qui nous mène à l’estany de Flamisella puis à l’estany del Port sous le port de Marterat. Retour en France. Avant d’attaquer le port de Crusous nous passons devant la cabane de Marterat où Lionel Daudet a apprécié la compagnie des espagnols venus lui monter du ravitaillement (CF Le tour de France exactement). Dans le vallon tourmenté du Crusous, sentier et traces de brebis c'est de même. Brouillard épais... marques au sol envolées ! Laissons tomber les cartes. Merci le GPS ! Enfin un sentier se dessine 100 m après le col qui nous mènera à Salau 1300m plus bas. Repas à l'auberge des Myrtilles pour se remettre et nuit au gîte.

Le beau temps est de retour. Fait marquant aujourd’hui : pas de lac ! A midi, sandwich dans les ruines des installations du Port de Salau à 2100m qui au 19ème et début du 20ème permettaient de transférer les arbres du versant espagnol vers la papeterie de Salau. En début de descente un troupeau de centaines de brebis surveillées par un Patou mâtiné de molosse anatolien nous barre le chemin. Pas l’air sympa l’animal ! JC décide de contourner par l’aval. La manœuvre déplaît. L’animal s’élance et fonce sur lui. Béatrice et moi déroulons le scénario : Les mollets déchiquetés, un regroupement de vautours, les gypaètes déposant peu délicatement les os sur les pierriers du Valier ! Erreur… JC dédaigne le monstre et lui tourne le dos sans s’affoler. L’animal s’arrête à moins d’un mètre, claque les dents. Il estime avoir vaincu l’intrus et retourne lentement à son troupeau. Ce n’est qu’un quart d’heure plus tard que Béatrice et moi nous aventurerons sur le sentier après que la dernière brebis ait disparu. Petite pluie en fin de journée avant l’arrivée à Montgarri. Gîte dans le presbytère.

L’avant dernière étape passe par le portillon d’Albe. Marmottes et Isards versant Espagnol. Dernier passage de frontière avec comme horizon le massif des Encantats et la ligne de crête allant des Mulleres à la Maladeta. De loin le glacier de l’Aneto ne nous semble pas en bon état. Fin de l’étape au refuge de l’étang d’Araing. Dommage, les gardiens ont fait l’impasse sur le ramassage des myrtilles aujourd’hui... Pas de tartelette. Baignade dans le lac pour s’en remettre !

Rapide montée au col d’Auéran pour le final puis 1600m de descente. Arrivée à Fos au bord de la Garonne. Comme à l'aller bus et train nous ramènent à Angoulême tard en soirée ce 9ème jour.

La Méditerranée est à 200km à vol d'oiseau de Fos. Il en reste 212 jusqu’à l’Atlantique… De quoi faire germer d’autres idées !

AC


Fichier GPS en pièce jointe (145km - 9800m de dénivelée positive)

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